Poulets / Oeufs

Le producteur

Charles Monville, éleveur de volailles biologiques à Bièvres, sur le plateau de Saclay.

Ancien citadin et nouvel agriculteur, Charles est convaincu que la sauvegarde de l’agriculture relève de l’intérêt général. Les premières idées du projet germent en 2001 pour aboutir à une ouverture en 2010. Ces 9 ans de réflexion lui ont permis d’avoir une démarche globale: 150 m2 de panneaux photovoltaïques, cuve de récupération d’eau de 10000 litres, bâtiments agricoles, poulaillers et habitation en construction bois.

Conscient que les citadins ont besoin de produits alimentaires sains autant que les céréaliers du plateau ont besoin de débouchés, Charles lance des partenariats qui lui permettront in fine de nourrir ses volailles avec des productions locales uniquement.

Les poulaillers offrent une innovation intéressante: ils sont mobiles. Après 4,5 mois d’élevage, les poulaillers sont déplacés sur un autre parcours afin que le sol puisse digérer et se régénérer. Il n’y a donc pas de traitement des sols à faire, la nature reprend ses droits et se suffit à elle-même.

Charles produit des volailles de races rustiques à croissance lente « Cou nu roux à patte jaune » pour les poulets de chair pour favoriser la protection des races anciennes et « Marans » pour les oeufs.

Les volailles sont élevées dans le respect du cahier des charges de l’Agriculture Biologique. L’alimentation est préparée à la ferme. Les volailles sont élevées dans des cabanes en bois accueillant de petits groupes, elles ont accès à un parcours herbeux. Après 110 jours d’élevage en moyenne, Charles abat et plume lui-même ses volailles dans un abattoir agréé.

Charles tient un point de vente à la ferme tous les jeudi après-midis. Le reste de sa production est destiné à la restauration collective dans sa commune et pour l’essentiel à des AMAP.

Il a été élu en 2013 « coup de coeur du public » des trophées de l’agriculture durable organisés par le ministère de l’agriculture.

Le quotidien de Charles est ponctué par plusieurs rythmes. Le principal est le rythme de rotation des cabanes avec la mise en route d’un nouveau cycle de production toutes les 3 semaines. Viennent ensuite le rythme hebdomadaire avec ses demi-journées dédiées à l’abattage et à la préparation des poulets, la vente en boutique, l’alimentation tous les deux jours, le ramassage quotidien des œufs. Répondre aux mails et aux appels téléphoniques fait aussi partie du lot quotidien. N’oublions pas les rythmes de distribution des AMAP: une fois par mois pour les AMAP de Longpont sur Orge, Guyancourt, Montrouge ou les Jardins de Cérès.

Le cycle de production démarre un lundi avec l’arrivée des poussins. Ceux-ci restent 3 semaines dans un espace restreint et chauffé. Puis leur espace s’agrandit pour enfin effectuer leurs premières sorties lors de leur sixième semaine. Il faut alors poser les filets de protection contre les prédateurs, tondre toutes les deux semaines le long des filets, faire le plein de paille, préparer les farines, alimenter les poulets, etc. Au bout de 15 semaines, vient alors la période d’abattage et de préparation des poulets pour la vente. Deux semaines plus tard, la cabane est vide. Il faut alors la nettoyer, la déplacer sur une autre aire et la préparer pour le cycle suivant.

Afin d’assurer une production en continu, Charles doit donc gérer 5 cycles en parallèle, chacun démarrant trois semaines après le précédent. Gérer ces 5 cycles en parallèle nécessite un cycle hebdomadaire bien réglé. Le respect de cette organisation permet à Charles, sauf impondérable, de restreindre à 5 heures le travail pendant le week-end. Si la plupart du temps est consacré aux travaux d’entretien des cabanes, quelques périodes sont dédiées à des tâches précises.

Chaque lundi, à la tombée de la nuit, Charles et Serge profitent de l’endormissement des poulets pour attraper ceux qui seront abattus le lendemain. Cela leur prend 30 à 45 minutes pour attraper 150 poulets. On imagine aisément que cela leur prendrait bien plus de temps s’ils le faisaient avant que les poulets dorment. Si en hiver cette tache peut être effectuée assez tôt, il faudra attendre jusqu’à 23h30 en juin.

Le mardi, la journée démarre à 7h du matin avec la mise en route de l’abattoir. L’abattage démarre à 8 h avec l’arrivée des 5 employés.

Après deux heures et demie de travail, la traditionnelle pause gâteau (interdiction de passer commande au boulanger !) permet à chacun de reprendre des forces avant de repartir pour les deux heures de nettoyage.

Le mercredi matin se passe au laboratoire pour la préparation, la découpe et l’emballage des poulets. Charles y travaille avec un employé en vue de la livraison des commandes en boutique le jeudi et des AMAP le mercredi soir. Ainsi donc, un mercredi sur deux, Charles va livrer les AMAP de Longpont sur Orge ou de Montrouge pour rentrer chez lui à 20h30.

Les matinées des jeudis et samedi sont consacrées à la préparation des farines. S’il suffit de 400kg pour nourrir les poussins durant 4 semaines, la même quantité ne tiendra que 4 jours chez les poulets adultes.

Le jeudi après-midi, il faut préparer la boutique et accueillir les clients qui viennent chercher leur commande entre 15h30 et 19h. Une fois par mois, Charles part livrer l’AMAP Guyancourt et rentre à 20h30.

N’oublions pas la distribution mensuelle des jardins de Cérès qui occupe un samedi après-midi. D’abord avec la présence lors de la distribution mais aussi pour ranger le matériel une fois de retour à la ferme.

Le dimanche, en l’absence d’impondérable durant la semaine, est une journée de repos. Il faut cependant aller ramasser les œufs et travailler deux heures le soir aux tâches administratives.

Malgré des semaines pouvant aller jusqu’à 70 heures, Charles tient à garder du temps pour sa vie de famille, à conserver ses soirées et prendre de réelles vacances 5 semaines par an.

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